Le programmateur de cinéma choisit les films diffusés dans une salle et construit une programmation cohérente tout au long de l’année. À la croisée de la culture, de la communication et de la gestion, ce professionnel participe directement à la découverte des œuvres et à la diversité du cinéma. Rencontre avec Malo Guislain, programmateur et directeur du cinéma Les Cinéastes, au Mans.
Le programmateur sélectionne les films proposés au public. Il imagine une ligne éditoriale, organise des événements et prépare les prochaines semaines de diffusion. Son objectif n’est pas seulement de remplir les salles : il doit créer une identité forte et donner envie aux spectateurs de découvrir des œuvres parfois peu connues.
Dans un cinéma d’art et d’essai, le programmateur joue également un rôle culturel essentiel. Il défend la diversité du cinéma, accompagne des films fragiles et peut privilégier une œuvre indépendante plutôt qu’une production déjà largement diffusée.
Chaque lundi, les exploitants finalisent généralement la programmation du mercredi suivant. Les résultats des films déjà en salle permettent de décider lesquels seront maintenus, déplacés ou remplacés.
Il n’existe pas un seul parcours obligatoire. Malo Guislain a étudié le droit et l’histoire avant de suivre une licence professionnelle consacrée à la conception de projets culturels. Une première expérience au cinéma La Clef, à Paris, puis un service civique aux Cinéastes lui ont permis de découvrir plusieurs fonctions : projectionniste, animateur et enfin programmateur.
Des formations en cinéma, médiation culturelle, gestion de projets culturels, histoire de l’art ou exploitation cinématographique peuvent préparer à ce métier. Les stages, le bénévolat et le service civique représentent aussi de bons moyens d’intégrer progressivement le secteur.
Une excellente culture cinématographique est indispensable, mais elle ne suffit pas. Le programmateur doit être curieux, créatif, organisé et à l’aise dans les relations humaines. Il doit aussi savoir mettre ses goûts personnels de côté : un film peut mériter une place dans la programmation même s’il ne correspond pas à ses préférences.
Ce métier demande enfin une grande disponibilité. Les projections, festivals et rencontres ont souvent lieu le soir ou le week-end. La frontière entre passion et vie professionnelle peut donc devenir très fine.
Le visionnage occupe une place importante, mais le métier comprend également des négociations, des réunions, de la veille, de l’analyse des entrées et la préparation d’événements.
Oui. Un parcours en sciences humaines, culture ou gestion de projet peut convenir, à condition de développer une solide connaissance du cinéma et d’acquérir une expérience concrète dans une salle ou un festival.
Une vidéo métier permet de comprendre le quotidien réel du programmateur, son rythme de travail et ses responsabilités. Cette découverte des métiers peut aider les jeunes à préciser leur orientation, à identifier une formation adaptée et à préparer leur futur recrutement dans le secteur culturel.