Depuis plusieurs années, la science ouverte transforme profondément les pratiques scientifiques. En favorisant l’accès libre aux publications, aux données et aux méthodes de recherche, elle modifie le quotidien des professionnels et redéfinit les métiers de la recherche. Cette évolution vise à rendre la science plus transparente, collaborative et accessible à tous.
Promue en France depuis près d’une décennie, la science ouverte repose sur un principe simple : rendre les résultats scientifiques accessibles au plus grand nombre. Aujourd’hui, plus de 60 % des publications scientifiques françaises sont disponibles en accès libre, et près de 27 % partagent également leurs données de recherche.
Cette dynamique s’inscrit dans les plans nationaux pour la science ouverte lancés en 2018 puis en 2021. Leur objectif est de favoriser une recherche plus transparente, mieux documentée et plus facilement réutilisable. La science ouverte ne concerne donc pas seulement les articles scientifiques, mais aussi les logiciels, les méthodes de recherche et même les résultats négatifs.
Le partage des données scientifiques ouvre de nouvelles perspectives pour les chercheurs. En rendant leurs travaux accessibles, ils permettent à d’autres scientifiques de réutiliser ces informations, de les comparer avec d’autres données ou de reproduire des expériences.
Cette approche crée un véritable cercle vertueux. Les travaux scientifiques gagnent en visibilité et sont plus souvent cités dans les publications. Les données partagées peuvent également servir à de nouvelles recherches, parfois bien au-delà de l’équipe qui les a produites initialement.
La science ouverte renforce également l’intégrité scientifique. En permettant la vérification des résultats et la reproduction des expériences, elle contribue à améliorer la fiabilité des connaissances produites par la recherche.
L’essor de la science ouverte transforme aussi les compétences attendues dans les métiers scientifiques. Les chercheurs doivent désormais apprendre à gérer, documenter et partager leurs données selon les principes FAIR : des données faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables.
De nouveaux outils et infrastructures facilitent ce partage. Des plateformes comme les archives ouvertes ou les entrepôts de données permettent de diffuser rapidement les travaux scientifiques. Les prépublications, appelées preprints, offrent par exemple la possibilité de partager un manuscrit avant son évaluation par les pairs.
Par ailleurs, certaines recherches reposent désormais sur l’analyse de grandes bases de données déjà disponibles. Dans certains domaines, des scientifiques travaillent directement sur ces ensembles de données plutôt que de produire de nouvelles expériences en laboratoire.
Malgré ses nombreux avantages, la science ouverte soulève également des questions. Certains modèles de publication demandent aux chercheurs de payer des frais élevés pour publier leurs articles en accès libre. Cette situation peut détourner une partie des budgets consacrés à la recherche.
Pour répondre à ces défis, de nouvelles initiatives émergent, comme les revues scientifiques dites « diamant ». Dans ce modèle, ni les auteurs ni les lecteurs ne paient pour accéder aux publications, les coûts étant pris en charge par des institutions publiques ou académiques.
La transition vers la science ouverte nécessite aussi un changement culturel dans le monde académique. Les jeunes scientifiques sont désormais formés à ces pratiques dès le doctorat. L’objectif est de leur apprendre à partager leurs données, à publier en accès ouvert et à valoriser leurs contributions scientifiques de manière plus transparente.
Cette transformation concerne également l’évaluation de la recherche. De nouvelles approches, comme le CV narratif, visent à valoriser davantage l’impact réel des travaux scientifiques plutôt que les seuls indicateurs de citation.
La science ouverte est une approche qui vise à rendre les publications, les données et les méthodes scientifiques accessibles à tous afin de favoriser la transparence et la collaboration.
Elle permet d’améliorer la diffusion des connaissances, de faciliter la reproduction des résultats scientifiques et d’encourager la collaboration entre chercheurs.
Oui. Les scientifiques doivent désormais maîtriser la gestion des données, le partage des résultats et l’utilisation d’outils numériques pour diffuser leurs travaux.
Parmi les principaux défis figurent les coûts de publication, la protection des données sensibles et l’évolution des critères d’évaluation de la recherche.