L’interdisciplinarité transforme en profondeur les métiers de la recherche. Face aux grands défis contemporains – changement climatique, transition numérique, crises sanitaires – les scientifiques ne peuvent plus travailler en silo. Ils croisent désormais leurs expertises pour répondre à des problématiques complexes, à l’interface entre science et société. Cette évolution modifie les compétences attendues, les parcours de formation et les perspectives d’orientation pour les jeunes chercheurs.
L’interdisciplinarité désigne la collaboration entre plusieurs disciplines scientifiques afin de produire des connaissances nouvelles et adaptées aux enjeux de société. Elle dépasse le cadre traditionnel d’une seule spécialité pour construire un dialogue entre biologie, mathématiques, informatique, sciences humaines ou encore physique.
Les défis actuels sont systémiques. Étudier le climat implique des climatologues, des biologistes, des économistes et des sociologues. Comprendre l’intelligence artificielle suppose de s’inspirer des neurosciences. Les recherches sur les PFAS, surnommés « polluants éternels », mobilisent chimistes, biologistes, industriels et spécialistes de santé publique.
Construire un projet interdisciplinaire demande du temps. Il faut harmoniser le vocabulaire, les méthodes et les hypothèses de travail. Les chercheurs développent ainsi des compétences en communication scientifique, en pédagogie et en coopération.
Les projets associent désormais laboratoires, entreprises et acteurs de la société. Cette ouverture renforce la capacité d’adaptation et la compréhension des enjeux sociétaux.
Un chercheur reste spécialiste de son domaine, mais doit comprendre les bases d’autres disciplines pour créer des passerelles. Cette capacité transversale devient un atout majeur dans une fiche métier scientifique moderne.
Une enquête menée auprès de chercheurs impliqués dans des projets interdisciplinaires montre qu’il n’existe pas de différence significative dans l’avancement de carrière. L’âge d’accès aux postes de direction ou d’entrée dans un organisme de recherche reste comparable.
Cependant, près de 40 % des chercheurs interrogés estiment que l’évaluation des travaux interdisciplinaires n’est pas encore totalement adaptée. Les critères d’évaluation évoluent progressivement pour mieux reconnaître ces parcours hybrides.
Pour les jeunes en recherche d’orientation, plusieurs voies existent :
Ces parcours permettent d’acquérir des compétences recherchées dans la recherche publique, mais aussi dans l’industrie, l’innovation technologique et les politiques publiques.
Non. Il est essentiel de maîtriser une discipline principale tout en étant capable de dialoguer avec d’autres spécialistes.
Oui, notamment dans les organismes de recherche et les secteurs innovants. Environ 20 % des recrutements présentent déjà un profil interdisciplinaire.
Absolument. La capacité à analyser des problèmes complexes, travailler en équipe et collaborer avec différents acteurs est très valorisée sur le marché de l’emploi.
La recherche de demain sera collaborative, ouverte et connectée aux enjeux de la société. Pour les jeunes passionnés par la science, c’est une opportunité de construire un parcours riche, dynamique et porteur de sens.