Agents du renseignement français : des métiers au cœur du secret

Agents du renseignement français : des métiers au cœur du secret

   Derrière les fantasmes et les stéréotypes véhiculés par les films et les séries, le métier d'agent du renseignement reste méconnu du grand public. Oubliez les opérations à la James Bond, les agents du renseignement français exercent en réalité une palette très large de métiers, oeuvrant pour un but commun : protéger le pays et ses habitants de toute menace intérieure ou extérieure.

Espionnage, contre-terrorisme, analyse, cybersécurité...

   Le 8 octobre dernier, Le Parisien est parti à la rencontre de plusieurs agents de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) afin de parler de leur formation, de leur parcours, et surtout de leur métier atypique. Souvent stéréotypé, le métier d'agent du renseignement englobe des métiers bien différents. Clément par exemple, 30 ans, analyste en contre-terrorisme à la DGSI, a suivi une formation en sciences politiques, puis a débuté dans une entreprise privée. Il a rejoint les services de la DGSI en 2016 pour fournir les clés de compréhension à la direction sur des sujets sensibles, et contextualiser telle ou telle opération dans différentes régions du monde.

    De même, Sandra, 25 ans, est ingénieure informatique au sein de la DSGE. Sa mission ? Développer des logiciels et des programmes pour faciliter le traitement des données par les analystes. Après avoir suivi une formation d'ingénieur, Sandra a choisi de rejoindre les services secrets pour défendre les intérêts de son pays. Aujourd'hui elle est à la tête d'une petite équipe de 7 personnes. Comme dans tous les secteurs, l'évolution au sein des services de renseignements est possible !

Préserver le secret

   On pourrait croire que les métiers du renseignement regroupent au final des spécialistes comme dans n'importe quelle entreprise. Mais la réalité du terrain et de l'enjeu des tâches effectuées rattrape vite ces agents. Impossible pour eux de parler de leur profession réelle à leurs proches : en général, 2 ou 3 personnes très proches connaissent le métier de ces derniers. Aucun agent ne peut révéler les dossiers qu'il voit passer sous ses yeux au quotidien, même à son/sa conjoint.e ! Les informations sont sensibles et il est souvent question de sécurité nationale.

   De même, Samir, 40 ans, linguiste-traducteur à la DGSE, nous explique qu'en période de crise, les équipes (analystes, linguistes, spécialistes...) doivent pouvoir se mobiliser à tout moment du jour ou de la nuit pour apporter leurs connaissances avant toute prise de décision des pouvoirs politiques. Une faute ou une imprécision peut parfois avoir des conséquences graves : les agents sont donc formés à traiter avec une grande rigueur les dossiers qui leur sont affectés.

   Devenir agent du renseignement reste donc une opportunité réservée à des spécialistes de domaines précis, capables d'orienter les supérieurs dans des périodes de crise, pour prévenir toute atteinte au territoire nationale, et ainsi, protéger les citoyens. Preuve que le métier reste entouré d'une aura de mystère et de secrets, tous les noms des agents cités ici ont été changé, de manière à préserver l'anonymat de ces hommes et ces femmes de l'ombre.

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23/10/2019

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  • Responsable sécurité informatique
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Fiche métier

Analyste des services techniques du renseignement

L'analyste dans le renseignement travaille dans l'une des branches du renseignement français (DGSE, DGSI, DRM...). Il/elle doit au quotidien traiter et trier les centaines d'informations qui arrivent chaque jour sur des sujets très sensibles et souvent secrets. L'analyste doit également synthétiser les informations et donner les clés aux responsables politiques pour prendre les décisions en toute connaissance de cause.